PQR mon amour
Le portrait de Philippe Brottier (maire de Fontaine-le-Comte et un des artisans du laborieux dossier des cinémas poitevins) paru sur le site de la Nouvelle République ce week-end est un pur moment de bonheur.
Rapidement sur le fond, on peut parler plutôt d’une véritable hagiographie au sens premier du terme : « Je voulais être prêtre en Afrique pour soulager la misère. » Ce saint homme n’a que des qualités et aucun défaut. Admettons.
On peut néanmoins s’interroger sur certaines de ses déclarations :
« Trop de droit, trop de recours, tuent la réalité. » Voilà des propos étonnants pour un avocat.
Il déclare aussi boycotter les cinémas Art & Essai : « Je pense que les politiques devraient lancer des boycotts. » C’est une conception de la politique assez particulière.
Mais le plus remarquable dans cet article c’est sa forme.
Son titre d’abord : “Philippe Brottier, le maire qui ne fait jamais de cinéma.” Comment ne pas avoir envie de rajouter : même à Fontaine-le-Comte et c’est bien là le problème !
Remarquable aussi est le festival d’expressions toutes faites et de clichés tous plus éculés les uns que les autres :
“Philippe Brottier vit à 100 à l’heure”, “barbe courte et idées longues”, “le maire prêche pour sa paroisse”, “le dossier […] ressemble à un chemin de croix” (oui la métaphore religieuse est longuement filée).
Mais surtout, surtout il y a cette phrase qui va me faire ma semaine :
” il a porté le projet à bout de bras n’hésitant pas à jouer des coudes pour l’imposer à la force du poignet. ”
Suivie, pour faire bonne mesure par : ” Celui qui rêvait d’être mécano à dû se mettre les mains dans le cambouis. ”
Et la tête alouette ?
